#2 – Le jour où j’ai souhaité mourir

La chanson Heavy de Linkin Park résonne dans les hauts parleurs de ma voiture.

Flashback. Juillet 2017.
C’est déjà le troisième été que je ne savoure plus, sans trop savoir pourquoi. Moi qui, quelques mois plus tôt, me voyait déjà entrain de siroter quelques cocktails en terrasse. C’est finalement l’image d’une espèce de grosse larve avachie sur le canapé qui me revient. Nous sommes quelques jours après le 22 juillet.
La mémoire me fait défaut, préférant occulter cette longue période de détresse. J’apprends la mort de Chester Bennington, chanteur du groupe Linkin Park, et je pleure en silence. Il s’est pendu et je m’imagine en faire autant.

Alerte rouge dans le monde des idées noires.

Les nuits me semblent si courtes. Déjà, le soleil se lève et il faut tenter de vivre une journée normale. Normale ? Je ne sais plus ce que ça veut dire. Chaque jour qui passe se ressemble. Je me noie dans mes larmes. Je ne sais plus pourquoi je pleure.

A ce stade, je vis mon troisième épisode dépressif mais c’est la première fois que je sens la gravité de cette situation. Je ne ressens plus aucune émotion positive. A quoi bon ? Elle me détruisent à petit feu.

Je m’éloigne de plus en plus de mes amis. J’ai besoin d’être seule. Je veux qu’on s’habitue à mon absence. Au cas où elle deviendrait permanente. Oubliez-moi, faites comme si je n’existais plus. Je liste les alternatives possibles pour arrêter de souffrir, je n’en vois qu’une : arrêter de vivre tout simplement. 

Je crois avoir trouver la solution. Mon regard s’arrête sur mon poignet droit : « Too Weird to live, Too Rare to Die » – cette phrase tatouée qui ne veut plus rien dire. Et pourtant si sensée. Je ne veux plus vivre et, finalement, je ne suis peut-être pas encore prête à mourir. Je me lève avec le peu de force qu’il me reste. J’ai l’impression de peser une tonne et que chaque pas est un effort laborieux. Je m’approche de la fenêtre et je m’imagine en bas. Morte. Peut être que ça ferait taire tout ce qui se bouscule dans ma tête ? Toutes ces voix qui me torturent et qui me hurlent que je n’ai plus rien à faire la.
Et puis, je retourne m’allonger. Vidée. Je ne comprends plus très bien ce qu’il se passe. On me répète que j’ai « tout pour être heureuse », alors pourquoi je ne le suis pas ? Dois-je m’en auto persuader pour que cela devienne réalité ? Je ne sais plus. Je veux dormir. Je veux dormir. Je veux juste dormir.

Juillet 2018.
Enfin ! Enfin, ce premier été où je suis entrain de coucher ces mots sur le papier, un verre de vin à la main. Heureuse. Enfin. Il m’aura fallu du temps , de la patience. Cette année, j’ai appris à me connaître. A puiser tout au fond de moi pour me battre contre mes démons et finalement les apprivoiser. J’ai appris à mettre des mots sur mes souffrances pour mieux me retrouver. Retrouver le goût à la vie. Apprécier chaque petit instant de plaisir. Je suis fragile et je me rends compte qu’il y aura toujours des épreuves difficiles à traverser. Je ne sais pas très bien où je vais mais j’avance. Personne n’a son avenir tout tracé.

A la Romy de l’été dernier, j’ai envie de t’adresser quelques mots : accroches-toi ! Reprends tes esprits, respires, et profites de ce qui t’entoure. Prends ton téléphone et appelles tes meilleurs amis, dis-leur que tu vas mal. Tu sais, c’est normal d’avoir des coups de mou, mais ne te laisses pas envahir. Parles, parles, parles ! Poses les mots sur ce qui t’indigne, te rend triste, te fait perdre confiance en toi, en la vie. Regardes autour de toi et tu verras que tu n’es pas seule. Romy, merde, mettre un terme à sa vie à 25 ans ça ne te ressemble pas ! Allez, arrêtes de fixer le mur et lèves toi de ce canapé. Non, ne vas pas dans le lit à la place. Regardes, il fait beau, tu ne veux pas un cocktail bien frais ? Non ? Et bien peut être pas aujourd’hui mais sûrement demain ? Lances une petite playlist et danses !

Et puis, le déclic ! C’est en janvier que petit à petit j’ai su ré-apprécier chaque instant de vie. Moi qui ne m’étais plus entendue parler depuis des mois. je me suis laissée surprendre à chanter à tue tête dans la salle de bain.  Assez cocasse de réaliser d’ailleurs que c’était sur la chanson « I Just Wanna Live » de Good Charlotte… 🙂

Au fond de moi cette petite voix me chuchotte « she is back » ! Yes !

Aujourd’hui je me dis que j’ai bien fait en ce jour de juillet 2017 de ne pas sauter. A la place j’ai plongé dans le grand bain de la vie. Parce qu’elle est encore longue, qu’elle sera ponctuée de ups and downs. De bonnes surprises m’attendent. Mon aventure ne fait que commencer.

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5 Commentaires

  1. Tinu
    1 juillet 2018 / 9 h 33 min

    • Spina
      4 juillet 2019 / 14 h 28 min

      Tu écris vraiment bien ma Romy …
      Je sais que tout n’a pas toujours était si facile et je suis si triste de pas avoir pu être là cette hivers … tu ne m’en a pas donné l’occasion, j’ai essayé de t’écrire a plusieurs reprise et tu ne m’a pas répondu … j’ai cru bien faire en te laissant « tranquille ».. je me disais que peut être t’avais besoin d’erre Seule … ou que peut être je n’étais pas assez ton amie à tes yeux pour t’entourer dans ces moment difficile …
      aujourd’hui, je suis très heureuse de te voir croquer la vie à pleine dent mais je m’en veux terriblement de ne pas avoir insister plus … ♥️

      • RomyS
        Auteur
        5 juillet 2019 / 7 h 04 min

        Ma copine,
        Je suis tellement touchée par ton message. C’est terrible quand c’est le chaos dans ta tête au point de s’isoler comme je l’ai fait. J’en suis pas fière non plus.
        Malgré tout, I’m back, et quand je suis revenue t’étais là et ça c’est l’essentiel <3

  2. Deroo
    1 juillet 2018 / 9 h 58 min

    Je onfirme tu peux ecrire un livre romy
    Comme chaque etre la lumiere est en toi
    J ai un beau texte pour toi et gauthier que vous donnerez le 14

  3. Claire
    1 juillet 2018 / 20 h 35 min

    Ma chérie 😘😘😘

    Whenever toi need me, I’ll be there…

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