#3 – Le jour où tu découvres que tu n’es pas seule

A toi, mon amie en détresse. J’ai besoin de te parler, mais j’ai surtout besoin que tu me lises.

Tu es entrée dans ma vie il y a à peine un an et pourtant j’ai l’impression qu’on se connaît depuis toujours. Dès notre première rencontre, je me suis reconnue en toi : dans ta façon d’être, de parler, dans tes mots et dans tes maux. 

On s’est connues dans la joie, on se découvre dans la peine. Je ne peux pas te laisser vivre ces moments sombres toute seule, c’est bien au-dessus de mes forces. Je ne peux pas faire trois pas en arrière quand je vois la force que cela te demande d’en faire un en avant. 

Ma chère amie, j’ai peur pour toi comme j’ai eu peur pour moi. Ta souffrance, je la connais par cœur, et j’espère que tu sauras la surmonter. Et pourtant j’ai peur. Parce que je sais à quel point ces tourments essaient de nous noyer sans que l’on n’arrive à retrouver la surface et à sortir la tête de l’eau. J’ai peur pour ta vie. Je te souhaite de tout mon cœur de trouver la force qu’il te faut pour retrouver la paix. Saches que je te comprends. Je comprends ce que tu traverses, je comprends à quel point c’est dur et à quel point tu ne dors plus. Je voudrais trouver les mots pour te rassurer et te faire aller mieux tandis que je me sens si impuissante. J’ai peur que tu rencontres de mauvais professionnels et que tu jettes l’éponge. J’ai peur que cela devienne insurmontable si tu n’arrives pas à trouver le sommeil.

A toi, ma chère amie, saches que tu n’es pas seule. Saches que j’ai besoin de toi et que tu dois t’en sortir coûte que coûte. La vie est encore si longue et notre temps si précieux. Ne restes pas coincée dans cette bulle invisible qui floute ta vision du monde. Penses à 3 choses qui te font sourire, là, maintenant, tout de suite. Penses-y très fort. A quoi tu penses alors ?

Tu sais, pour être heureux il faut savoir accepter la tristesse. N’aies pas peur de la recevoir les bras grands ouverts, de faire le tri dans tes émotions sans te faire dépasser par toute cette négativité qui nous entoure.

« Tu as tout pour être heureuse, alors qu’est ce qui ne va pas ? » , cette phrase tu l’as trop entendue. Tu as le droit d’être triste, tu as le droit d’avoir des downs, mais ces moments ne définissent pas la personne que tu es. Tu es un petit être humain exceptionnel, cesses de douter de toi. Tu es pleine de ressources et d’énergie. Tu vas rebondir, j’en suis certaine. Et je serai là pour t’aider, où tu veux, quand tu veux. Tout s’arrange ma copine, je te le promet.

Ma porte est ouverte… ne me la claques pas au nez. Je t’aime de tout mon petit coeur et je serai là pour toi ♥


#2 – Le jour où j’ai souhaité mourir

La chanson Heavy de Linkin Park résonne dans les hauts parleurs de ma voiture.

Flashback. Juillet 2017.
C’est déjà le troisième été que je ne savoure plus, sans trop savoir pourquoi. Moi qui, quelques mois plus tôt, me voyait déjà entrain de siroter quelques cocktails en terrasse. C’est finalement l’image d’une espèce de grosse larve avachie sur le canapé qui me revient. Nous sommes quelques jours après le 22 juillet.
La mémoire me fait défaut, préférant occulter cette longue période de détresse. J’apprends la mort de Chester Bennington, chanteur du groupe Linkin Park, et je pleure en silence. Il s’est pendu et je m’imagine en faire autant.

Alerte rouge dans le monde des idées noires.

Les nuits me semblent si courtes. Déjà, le soleil se lève et il faut tenter de vivre une journée normale. Normale ? Je ne sais plus ce que ça veut dire. Chaque jour qui passe se ressemble. Je me noie dans mes larmes. Je ne sais plus pourquoi je pleure.

A ce stade, je vis mon troisième épisode dépressif mais c’est la première fois que je sens la gravité de cette situation. Je ne ressens plus aucune émotion positive. A quoi bon ? Elle me détruisent à petit feu.

Je m’éloigne de plus en plus de mes amis. J’ai besoin d’être seule. Je veux qu’on s’habitue à mon absence. Au cas où elle deviendrait permanente. Oubliez-moi, faites comme si je n’existais plus. Je liste les alternatives possibles pour arrêter de souffrir, je n’en vois qu’une : arrêter de vivre tout simplement. 

Je crois avoir trouver la solution. Mon regard s’arrête sur mon poignet droit : « Too Weird to live, Too Rare to Die » – cette phrase tatouée qui ne veut plus rien dire. Et pourtant si sensée. Je ne veux plus vivre et, finalement, je ne suis peut-être pas encore prête à mourir. Je me lève avec le peu de force qu’il me reste. J’ai l’impression de peser une tonne et que chaque pas est un effort laborieux. Je m’approche de la fenêtre et je m’imagine en bas. Morte. Peut être que ça ferait taire tout ce qui se bouscule dans ma tête ? Toutes ces voix qui me torturent et qui me hurlent que je n’ai plus rien à faire la.
Et puis, je retourne m’allonger. Vidée. Je ne comprends plus très bien ce qu’il se passe. On me répète que j’ai « tout pour être heureuse », alors pourquoi je ne le suis pas ? Dois-je m’en auto persuader pour que cela devienne réalité ? Je ne sais plus. Je veux dormir. Je veux dormir. Je veux juste dormir.

Juillet 2018.
Enfin ! Enfin, ce premier été où je suis entrain de coucher ces mots sur le papier, un verre de vin à la main. Heureuse. Enfin. Il m’aura fallu du temps , de la patience. Cette année, j’ai appris à me connaître. A puiser tout au fond de moi pour me battre contre mes démons et finalement les apprivoiser. J’ai appris à mettre des mots sur mes souffrances pour mieux me retrouver. Retrouver le goût à la vie. Apprécier chaque petit instant de plaisir. Je suis fragile et je me rends compte qu’il y aura toujours des épreuves difficiles à traverser. Je ne sais pas très bien où je vais mais j’avance. Personne n’a son avenir tout tracé.

A la Romy de l’été dernier, j’ai envie de t’adresser quelques mots : accroches-toi ! Reprends tes esprits, respires, et profites de ce qui t’entoure. Prends ton téléphone et appelles tes meilleurs amis, dis-leur que tu vas mal. Tu sais, c’est normal d’avoir des coups de mou, mais ne te laisses pas envahir. Parles, parles, parles ! Poses les mots sur ce qui t’indigne, te rend triste, te fait perdre confiance en toi, en la vie. Regardes autour de toi et tu verras que tu n’es pas seule. Romy, merde, mettre un terme à sa vie à 25 ans ça ne te ressemble pas ! Allez, arrêtes de fixer le mur et lèves toi de ce canapé. Non, ne vas pas dans le lit à la place. Regardes, il fait beau, tu ne veux pas un cocktail bien frais ? Non ? Et bien peut être pas aujourd’hui mais sûrement demain ? Lances une petite playlist et danses !

Et puis, le déclic ! C’est en janvier que petit à petit j’ai su ré-apprécier chaque instant de vie. Moi qui ne m’étais plus entendue parler depuis des mois. je me suis laissée surprendre à chanter à tue tête dans la salle de bain.  Assez cocasse de réaliser d’ailleurs que c’était sur la chanson « I Just Wanna Live » de Good Charlotte… 🙂

Au fond de moi cette petite voix me chuchotte « she is back » ! Yes !

Aujourd’hui je me dis que j’ai bien fait en ce jour de juillet 2017 de ne pas sauter. A la place j’ai plongé dans le grand bain de la vie. Parce qu’elle est encore longue, qu’elle sera ponctuée de ups and downs. De bonnes surprises m’attendent. Mon aventure ne fait que commencer.

#1 – LE JOUR OÙ J’AI PERDU CONFIANCE EN LA MÉDECINE

Ce jeudi 10 mai 2018, à 10h56, le corps médical a perdu ma confiance. C’était dans le bureau de consultation numéro 2. Je m’en souviendrais toute ma vie.

J’avais pourtant pressentis quelques signes avant-coureurs. Je me revoyais, il y’a quelques mois, entrain de vivre un état dépressif, l’épisode 3 de ma série. J’allais si mal que mon corps m’envoyait ses derniers signaux d’alarmes. Ma maladie, invisible, commençait à se montrer. C’était mes cheveux. Je les perdais. Par poignets entières.

Dans un moment de clairvoyance, j’ai pris mon courage à bout de bras et décidé de consulter mon médecin traitant. Que je ne connaissais pas finalement. Elle n’était pas là, c’était sa remplaçante. Elle ou une autre c’était pareil. Le jour du rendez-vous, je me sens stressée, angoissée, je lui explique mon problème. Et puis, à demi-mot, j’arrive à souffler que je suis dans un état d’anxiété inhabituel, je souligne verbalement par trois fois que je suis très stressée. La bombe était lancée, tic-tac, tic-tac…. et puis rien. Pas de fracas, pas de question, un silence gênant. Ce médecin n’a pas entendu mon appel à l’aide. 23€ plus tard. Me voici mise à la rue, mes angoisses et moi. Un petit papier à la main tout de même pour contrôler que tout soit ok au niveau hormonal.

Je n’attends que très peu de temps avant de faire cette prise de sang. Les résultats tardent à arriver. Quelques jours plus tard, j’avais l’enveloppe entre les mains. Je me persuadais que quelque chose clochait, que cela se verrait sur les résultats, que quelques cachets plus tard tout serait réglé. Je voulais tellement être malade, ça aurait été si simple. Et pourtant je savais. Je savais ce que contenait l’enveloppe avant même de l’ouvrir. Dans le mille : tout était parfaitement NORMAL.

J’étais normale, normale, normale… Et pourtant dans ma tête, ça bouillonnait. Je continue les démarches jusqu’au bout. Je retourne voir le médecin traitant, la titulaire cette fois, avec les résultats en main. Cette fois-ci fut encore plus expéditive que la première. Son avis ? Voir un dermatologue car elle ne pouvait plus rien pour moi. Je ne sais même pas si elle m’a demandée comment j’allais. Tout simplement… C’était pourtant la question que j’attendais plus que tout. Une brèche. Une opportunité de me livrer. Cette question, je l’attends encore.

Je ne me démonte pas. Je passe des heures à trouver LE dermatologue qui apportera le bon diagnostic. J’en trouve un, il est décrit sur Google comme « à l’écoute, bienveillant, et professionnel », 4,2/5, pas mal… Je prends rendez-vous illico.

Trois mois passent, mes cheveux tombent encore et encore. Le jour du rendez-vous arrive. Je suis en salle d’attente, j’ai peur. Un homme vient me chercher, effectivement, il a l’air chaleureux. Je lui explique mon souci en quelques mots. Il se lève, regarde mon crâne se rassoie. Il avait la réponse en à peine quelques secondes. « Madame, vous voyez les hommes dans la rue qui n’ont plus beaucoup de cheveux ? Il n’y a pas de traitement contre la calvitie et c’est malheureusement ce que vous avez. Je sais ce n’est pas ce que vous auriez voulu entendre ». BOUM ! Là la bombe a sauté. Instantanément. C’était juste ça alors : j’étais une femme de 25 ans qui devenais chauve ? Ce jour-là, je crois que ma confiance envers la médecine s’effritait déjà un peu. Je suis rentrée, j’ai pleuré, longtemps. Nous étions en décembre 2017 et je me demandais si le Noël d’après je le passerai avec une perruque. Je vous dirais d’ici quelques mois 

Puis, je ne sais pas quelle force m’a poussée de l’avant. Mais j’ai retrouvé l’énergie, j’ai retrouvé mon goût à la vie. Je me suis retrouvée, tout simplement. Et quelques semaines plus tard, début janvier. Je me sentais mieux. Je me sentais moi. Je passe la main dans mes cheveux : plus rien. Mon esprit guérissait et ma chute était terminée. La solution était juste là. Je le savais depuis longtemps.

Ces derniers jours, je me retrouve une nouvelle fois au cœur de cette maladie qu’est la dépression. Ce n’est pas moi qui suis touchée cette fois mais quelqu’un de proche. Je suis déterminée à prendre les choses en main, j’en ai le courage et la maturité. Je peux gérer.

C’est alors que l’enfer commence. Ces dernières 48h, j’ai échangé avec 3 professionnels de santé différents. Un médecin traitant. Deux psychiatres. J’étais dans un état de transe. Ma priorité principale était de gérer l’urgence. Prendre toutes mes émotions, les jeter dans un tiroir et faire le tri plus tard. Je me suis vue passer les coups de fils, attendre des heures à l’hôpital, puis relâcher la pression pensant que tout s’arrangerait. Un nouveau coup de tambour et je me retrouve à vivre une seconde journée compliquée. Je ne détaillerais pas les échanges et la situation que j’ai vécue car elle est maintenant derrière moi. Aujourd’hui, il faut avancer.

Cependant, je fais maintenant le tri dans mes émotions et je tenais à coucher sur le papier toute cette colère que j’ai en moi. Hier, à 10h56, j’ai craqué. Usée, sur les nerfs, je me suis spontanément présentée à un énième psychiatre puisqu’il n’a pas pris la peine de me recevoir. Je me suis imposée. Bureau de consultation numéro 2. Parce qu’hier, j’ai eu du courage et j’ai eu besoin de lui dire ce que je pensais de leur « protocole ». Il comprenait mon désarroi, il parait. Et pourtant il ne pouvait rien faire de plus. Alors il m’a arrachée du bout des doigts le peu de confiance qu’il me restait envers les médecins et envers les unités de soins psychiatriques auxquelles je m’en remettais. Il en a fait une boule de papier et me la jeté au visage. Fin de l’histoire et à bientôt mon capitaine.

Aujourd’hui je suis en colère car je ne comprends pas comment les médecins traitent les problèmes de dépression. Ces soit disant protocoles dont je n’ai pas vu la couleur. J’ai dû gérer la souffrance de deux personnes et laisser la mienne de côté un instant. On me demande d’assumer le rôle du sauveur, ce que je ne suis pas. Et surtout, on nous laisse de côté, nous, les proches, et on ne nous explique pas comment gérer l’après. Comment je suis censée reprendre le cours de ma vie tout en me demandant si le prochain appel ne sera pas celui qui m’annoncera que cette fois ci c’est trop tard ?
Les médecins prescrivent leurs antidépresseurs comme des smarties pensant que c’est la solution à tous nos maux.

Comment faire confiance à des professionnels qui ont fait preuve de si peu d’écoute ?

En 3 ans, j’ai vécu 3 épisodes dépressif plus ou moins importants. Je m’en suis remise parce que j’en avais la volonté même si je pensais ne plus avoir de force. Il y a des personnes pour qui trouver cette volonté est plus difficile. Dans ces cas-là, elles ont besoin d’aide. Je ressens de la culpabilité, j’ai voulu aider, et je me suis retrouvée face à un mur. Je me sens coupable d’avoir orientée cette personne vers de mauvais professionnels. Pourtant, c’était la seule chose censée qu’il fallait faire. Je suis persuadée qu’au fil du temps, tout s’arrangera et tout ira mieux. Je suis convaincue d’avoir fait mon devoir.

Pourtant, je suis déçue.

A vous psychiatres, infirmières, personnel soignant : il parait que la confiance se regagne. Je vous laisse encore une chance. Ne me décevez pas.

TU SERAS BIENVENUE CHEZ MOI !

Hé salut toi !

Avant toute chose, j’espère que le titre t’aura évoqué une chanson bien connue des années 90. Si non, tu perds déjà 1 point 😉

Je ne pouvais pas démarrer ce blog sans une brève présentation et pourtant je ne sais pas bien quoi te dire pour t’intéresser et susciter ta curiosité. Et oui, me voici, une énième venue, dans la blogosphère déjà chargée de monde. Malgré tout, je ne pouvais pas passer à côté de cette expérience.

Ici, tu ne trouveras rien de plus que les autres. Je n’aurais pas la prétention de dire que mes photos seront plus jolies, que ma plume sera meilleure, que mon contenu sera plus original qu’un(e) autre. Mais je serais là.

Je suis Romy, RomyS, je te laisse le choix. Je viens de fêter mes 26 ans très récemment. Une jeune bélier. Têtue. Tu verras. Je te laisse apprendre à me connaitre.

Je vis depuis plus de 3 ans à quelques kilomètres du parc Disneyland. C’est pas mal : vue sur le feu d’artifice journalier qui réverbère dans la fenêtre du voisin d’en face, musique de la parade que tu peux entendre grâce à l’écho mais aussi de belles balades à Disney Village pour retomber en enfance. Franchement, y a pire.

Sur mon blog, tu y trouveras un peu de tout : des billets d’humeur, des revues beauté, mes voyages et mes découvertes. Ca variera au gré de mes envies, et peut être des tiennes, si tu me le demandes – et si je t’écoutes – têtue j’ai dit 🙂

Je suis active sur Instagram (@iamromys) et démarre une chaîne vlogging sur Youtube (romys.vlogging), ce blog m’étais donc indispensable pour que le triptyque soit complet.

Voilà, tu sais l’essentiel et je te laisse te promener ici, quelques secondes, minutes ou plus si le cœur t’en dit.

Et moi, je te dis merci de m’avoir lu jusqu’ici ♡